Ségolène Royal a critiqué vendredi à Athènes le retard pris par l'Union européenne pour élaborer un plan d'urgence face à la crise financière, évoquant la décision unilatérale de l'Irlande de protéger ses banques.
"Les réactions dispersées, comme on vient de le voir en Irlande par exemple, ne sont pas bonnes pour l'Europe (...)", a indiqué Mme Royal à l'issue d'un entretien avec la ministre grecque des Affaires étrangères Dora Bakoyannis, à l'occasion d'une visite privée de deux jours en Grèce.
"Cela veut dire que l'Europe ne s'est pas mise en ordre de bataille suffisamment rapidement pour être capable de défendre nos économies et de présenter face aux Etats-Unis un plan d'urgence qui nous permettrait de protéger nos entreprises et notre croissance économique", a-t-elle ajouté.
L'Irlande a officiellement adopté jeudi une loi controversée mettant en oeuvre une garantie gouvernementale illimitée aux principales banques irlandaises, afin de les protéger de la crise financière.
La discorde irlando-britannique entretient la cacophonie au sein de l'UE, avant la réunion de crise organisée samedi par Paris entre les quatre membres européens du G7 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie).
"Il y a une nécessité (pour l'UE) de se serrer les coudes, d'élaborer un plan commun ... des propositions concrètes, pour que le système change", a encore indiqué Mme Royal.
"Il ne faut pas tenir de discours alarmiste (...) mais exiger que les pouvoirs publics, lorsqu'ils interviennent au nom des peuples, c'est à dire au nom des contribuables, puissent donner des garanties d'une réforme en profondeur d'un système qui est maintenant à bout de souffle", a-t-elle ajouté.