Mes chers camarades,
Nous nous attendions à un congrès HISTORIQUE, compte tenu des circonstances.
Nous nous attendions également à un respect impeccable des traditions du parti.
Les diverses interventions, dès le vendredi après-midi, ont mis en évidence, que les motions ne présentent entre elles que peu de différence sur le constat de la situation de crises socio-économiques et politiques nationales, européennes et mondiales et sur les propositions visant à y remédier pour répondre à l'attente des peuples et notamment des plus malheureux. Certaines motions sont plus "extrémistes" que d'autres, mais toutes vont dans le même sens sur ces thèmes. C'est bien normal : nous sommes tous socialistes !
Ce qui fait divergence c'est le fonctionnement du parti. La seule à proposer un fonctionnement du bas vers le haut c'est à dire à l'écoute des militants qui sont sur le terrain et leur permettant de faire remonter leurs observations et propositions vers les instances supérieures du parti est la motion E alors que les autres motions proposent un fonctionnement descendant de l'appareil du parti vers les militants.
Chaque orateur, quelle que soit la motion qu'il défendait, a répété avec force que le non-respect du vote des militants était inacceptable!
Le samedi, les grands ténors du parti sont intervenus avec, pour certains, de belles envolées, mais aucun, sauf les signataires de E naturellement, n'a oublié de revenir sur la même critique de la motion E.: la question de la stratégie d'alliance lors d'une campagne présidentielle ! En revanche, les campagnes électorales locales, elles, à tous niveaux ne posent pas de problème au sujet de leurs alliances. Les exemples d'accords locaux avec le centre n'ont pas été rares lors des dernières campagnes municipales et cantonales
Ainsi, tout au cours de la journée de samedi, à chaque intervention, la salle attendait l'allusion à l'"horreur" que risquait le parti (si la motion E était au pouvoir) de conclure une alliance au centre !!!
On peut dire que M. BAYROU, sans jamais être nommé, a été très présent au congrès de Reims.
Devant tant de redites de la même critique et, à l'évidence, une fort mauvaise lecture de la motion E sur sa stratégie d'alliance, Ségolène Royal dans son intervention, a rappelé que :
1° le parti disposerait d'un projet socialiste dûment élaboré avec le parti.
2° : Sur la base de ce projet et seulement sur cette base, pourraient rejoindre le combat électoral tous les démocrates qui s'y reconnaîtraient.
Et cette stratégie est clairement présentée dans la motion E ! Encore faut-il savoir lire !
Ensuite, pensant donner le meilleur des gages pour rassurer les inquiets, elle s'est engagée à faire appel aux militants par vote sur l'opportunité d'une alliance, quelle qu'elle soit !
Ségolène, très chaleureuse, très humaniste, très proche des gens, a souvent su émouvoir la salle par sa sincérité et la réalité de son humanisme profond. Elle a bien sûr été applaudie longuement et a même eu droit à une standing ovation, non signalée par les medias... Par contre ce que les journaux ont signalé, c'est qu'elle avait été sifflée et sifflée -tenez-vous bien- alors qu'elle citait Jaurès !!! Convenez du ridicule !!!
Autre discours très vibrant, celui de Martine Aubry qui, malgré son air toujours un peu moralisateur, a su convaincre de la force de son projet social.
Les médias lui ont rendu justice et lui ont même accordé la standing ovation qu'ils avaient refusée à Ségolène... Bon !
Et tous les intervenants, y compris Martine, après avoir présenté les thèmes de leur motion ont tous, sans exception, rappelé le danger des alliances au centre de la motion E. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !
Les candidatures pour le secrétariat du parti ont été annoncées par les candidats à l'occasion de leurs interventions : Martine Aubry, Ségolène Royal et Benoît Hamon. Bertrand Delanoë, pour sa part, ne veut pas ajouter à la confusion et déclare qu'il ne sera pas candidat et ne donnera pas de consignes de vote.
Nous apprenons au cours des discours que la motion B rejoint la E.
Les délégués et auditeurs se sont ensuite réunis par motion pour préparer la fameuse commission des résolutions en espérant, bien que cela parût fort improbable après les discours, en espérant arriver à une miraculeuse SYNTHESE. Pour la E, le débat s'est déroulé en plein accord avec les principes défendus dans la motion sur l'écoute des militants et le respect de cette écoute.
Il n'y avait plus qu'à attendre le dimanche matin 8 heures.
Et là, patatras ! Aucune synthèse possible. Voici le récit de la nuit qui nous a été fait par la suite par plusieurs rapporteurs : Ségolène, sa motion étant arrivée en tête est priée de tenter de réunir autour de cette motion chacun des tenants des autres motions et passe en revue chacun d'eux (après des tractations nombreuses et des propositions d'amendements et de prises en compte des "non négociables" des autres motions; Le tout étant systématiquement refusé, elle est obligée de constater que personne ne veut s'allier avec elle. Sur ce constat, les tenants des autres motions demandent une suspension de séance. Au bout d'une heure et demie, nouveau constat d'échec : ni A, ni C , ni D ne parviennent à un quelconque rapprochement ! Ségolène et son équipe tentent de reprendre le débat, mais sans succès. Ils décident donc de quitter la salle.
N'oublions pas que les motions sur tous les projets concernant la politique socio-économique nationale, européenne et mondiale sont très proches les unes des autres...
M. Bayrou a dû bien s'amuser en lisant les récits des médias sur le congrès des socialistes...
Ségolène Royal à la tribune du congrès

Adeline L'Honen et Vincent Peillon

Ségolène Royal et Manuel Vals