
Depuis 2004 les choses ont changé pour elle. L'élection en tant que présidente de région lui a permis de se rendre médiatiquement visible dans le paysage politique. Cela lui a permis aussi de valider les acquis de son expérience locale dans un poste de décision politique. Elle allait pouvoir faire la preuve de ses convictions et des es compétences. C'est une réussite puisque sa région est une des plus dynamiques et des plus attractives de France. Certes au début elle a du faire preuve de volontarisme pour imposer ses vues et sa façon participative de concevoir la politique mais depuis les rouages se sont fluidifiés et la reconnaissance et la confiance se sont installés. Cette élection lui a permis aussi de séduire les socialistes qui ont fini par lui accorder l'investiture pour la candidature présidentielle face à pourtant deux leaders de poids dans le parti et après trois confrontations médiatiques destinées à montrer les compétences de chacun. Tout en étant surtout basées sur pour ou contre les idées de Ségolène Royal. Ce fut un plébiscite en sa faveur puisque l'on sait maintenant qu'elle a fait beaucoup mieux que les 60% accordés.
Cette campagne présidentielle elle va la mener seule avec son équipe. Les autres leaders socialistes déçus et amers ne vont jamais l'aider à gagner. Elle contruit donc seule sa campagne en appui auprès d'une équipe soudée et fidèle qui l'accompagne encore aujourd'hui: Assouline, Bianco, Rebsamen, Roudy, Peillon, Dray, Filipetti, Belkacem, Guerini, Gorce, Collomb, Valls, Queyranne,... sont encore à ses côtés.
Durant cette campagne elle a fait la preuve de sa capacité de leader. C'est d'ailleurs ce que lui reconnaitront ses plus farouches détracteurs comme Lang, Allègre ou Besson. Elle a su organiser et incarner l'espoir à gauche. Jamais l'enthousiasme collectif pour une élection ne fut si grand et jusque dans les quartiers. Son pacte présidentiel, appuyé sur le projet socialiste, était novateur et adapté à la situation présente comme le montre encore le texte d'orientation proposé par Aubry. Alors elle n'a pas gagné mais elle s'est incrustée à gauche et au PS.
Car elle est novatrice dans sa façon de faire et de proposer de la politique. Ce qui bouscule les lignes jusque dans son propre camp. Certains lui reprochent une vision droitière du socialisme parce qu'il n'est pas axé sur une lutte des classes. C'est son originalité et sa force. Elle a une vision positive de la société et ne pense pas que ce soit dans le conflit que l'on puisse résoudre les problèmes. C'est donc à travers le donnant-donnant, le gagnant-gagnant, les cercles vertueux qu'elle a bâti son offre politique. Cette vision socialiste avait séduit puisque de 18 à 60 ans elle a fait 58/42%! C'est ensuite qu'elle fut battu largement par Sarkozy. A méditer.
Enfin c'est une autre conception du débat public. Tout au long de ses combats internes ou externes elle s'est tenue à une certaine éthique de la pratique politique. Elle n'attaque jamais nommément les personnes sauf sur le fond. Elle n'insulte pas et refuse l'hypocrisie qui consiste à dire ce que l'on ne fera pas. C'est aussi cette éthique qui séduit les français. Elle se bat dignement. De plus elle n'a aucune accointance avec des groupes de pression contrairement à tous les autres grands leaders politiques de gauche comme de droite. Cette relative indépendance vis-à-vis du microcosme parisianiste est une force et une faiblesse puisqu'elle n'est jamais vraiment acceptée dans les médias. Mais là encore elle saura faire la preuve qu'elle est capable de gagner et convaincre même lorsque les médias lui sont défavorables comme lors de cette campagne du PS. Alors que les sondages la donnaient perdante face à Delanoë elle est à chaque fois arrivée en tête.
C'est donc pour cette raison que les grands leaders socialistes ont décidé de se regrouper pour lui faire barrage à la tête du parti socialiste sachant qu'autrement elle prendrait incontestablement et durablement le leadership de gauche. Tous les grands leaders du passé et du présent se sont unis contre elle: Jospin, Rocard, Emmanuelli, Fabius, DSK, Hollande, Delanoë,...Ils ont choisi pour ce faire une candidature capable de la contrer avec Aubry. Une candidature qu'ils n'estiment pas présidentiable et qui sera sous leur contrôle direct pour l'avenir. c'est toute la différence entre le camp Aubry et le camp Royal. Le camp Aubry remet sur l'ouvrage les méthodes du passé dans une synthèse molle qui n'avait pas fonctionné avant. Avec Royal nous aurions eu une ligne claire d'action et c'est comme cela que fonctionne tous les partis démocratiques du monde.Il est donc acquis que ségolène royal soit devenue le leader du PS même indirectement puisqu'elle a su faire la preuve qu'elle était capable de gagner et de convaincre même seule contre tous et en petit comité: 130000 électeurs seulement. Elle est donc incontournable pour le futur. Pour nous c'est clairement notre leader politique puisqu'elle représente ce que nous attendons d'un leader. Ceux qui nous critiquent et nous présentent comme idolâtres sont les mêmes qui suivent DSK ou Fabius depuis des années! Nous n'avons de leçons à recevoir de personne et nous sommes assez respectueux pour n'en donner à personne. Nous allons donc observer l'équipe dirigeante en action tout en gardant nos convictions. Nous n'avons qu'un seul but gagner en 2012 contre le sarkozysme. Et pour cela nous avons besoin d'un leader en qui nous pouvons avoir confiance. Nous on l'a c'est Ségolène Royal.